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Des
hommes de conviction
N° 227 - mars 2004
La Cueca Sola : la danse de la lutte chilienne
Laila Maalouf
La Cueca, c’est la danse nationale du Chili. Mais c’est
aussi un chant de révolte et de combat, un hymne de
contestation né de la douleur d’un peuple, devenu
le symbole de la lutte contre la dictature du Général
Augusto Pinochet. Le film La Cueca Sola est le récit
de cinq femmes chiliennes écorchées par ce régime,
et qui, aujourd’hui, cherchent à unir leur peuple
dans la démocratie.
Ce court-métrage de la réalisatrice Marilú
Mallet est le premier tourné au Chili après
vingt-neuf ans d’exil. « À travers ce film,
je veux sonder une réalité à laquelle
j’ai échappé », avoue-t-elle. Pourquoi
la Cueca Sola ? Parce que ces femmes ont été
condamnées à danser la cueca seules, avec pour
unique partenaire un tissu blanc rappelant leur époux
disparu ou assassiné.
À son retour au Chili, Marilú Mallet revoit
les personnages qui ont marqué son enfance et ne peut
s’empêcher de se questionner sur la façon
dont ces femmes ont survécu à ce bouleversement
politique. Leur douleur est immense, mais l’espoir qu’elles
portent en elles encore plus grand. Elles ont réussi
à vaincre leur peur, cultivée par dix-sept ans
de terrorisme d’État, et à s’activer
pour dénoncer les injustices qu’elles ont vécues
et empêcher que de telles histoires d’horreur
ne se reproduisent. L’arrestation de Pinochet à
Londres en 1998 leur a permis de retrouver la force de s’exprimer,
de lutter pour la démocratie et le respect des droits
de la personne, chacune à sa façon.
Moyenei Valdés, qui a perdu son père à
l’âge de douze ans, exprime par la chanson son
désir de contestation. Carolina Tohá, elle,
s’est lancée dans la politique; elle est aujourd’hui
députée du Parti pour la Démocratie.
Il y a aussi Isabel Allende, amie d’enfance de Marilú
Mallet et fille de l’ancien président socialiste
Salvador Allende, qui a préféré se tuer
plutôt que de se rendre aux putschistes, le 11 septembre
1973; Estela Ortiz, camarade d’école, qui a perdu
son père, disparu, et son mari, décapité;
Monique Hermosilla, professeure retraitée qui a connu
la torture dans les camps de prisonniers. Toutes ces femmes
sont semblables parce qu’elles n’agissent pas
en tant que victimes; « ce sont des femmes engagées
et solidaires qui se sont transformées en acteurs importants
du retour de la démocratie au Chili actuel »,
explique la réalisatrice.
En première partie, est présenté le documentaire
Piqueteros, un film d’Alexandra Guité sur les
revendications des travailleurs sans emplois argentins, les
piqueteurs. Le gouvernement leur donne l’équivalent
de 80$ par mois pour les décourager à chercher
du travail, ce qui fait que 60% de la population argentine
vit sous le seuil de la pauvreté. Les piqueteros demandent
la chute du pouvoir actuellement en place et la destitution
du président, et revendiquent le droit au travail. |
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L’autre
Journal
Juin 2003
Lutte des sans-emploi : Des rives du Rio Plata à
celles du Saint-Laurent, Patrick
Lamoureux
Depuis le 19 décembre 2001, ça brasse fort
dans la capitale argentine et, au-delà de la couverture
superficielle des grands médias, se trame une expérience
humaine aussi percutante que la répression policière
qu’elle subit. On a pu en prendre conscience le
15 mai dernier lors d’une conférence tenue
à l’Uqam et organisée par le Mouvement
autonome et solidaire des sans-emploi (MASSE) et par Alternatives.
L’événement faisait suite à
une première rencontre, au Forum mondial de Porto
Alegre au début 2002, entre militants québécois
pour les droits des travailleurs et certains de leurs
pairs argentins et visait à resserrer la coopération
et les échanges entre les deux sociétés.
L’intention avouée par Benjamin Simard-Lachance
du MASSE est de faire bénéficier les mouvements
populaires québécois de l’expérience
et de l’inventivité militante des citoyens
argentins.
Leur efficacité certaine en matière de résistance
civile nous a été montrée en début
de conférence par le court-métrage Piqueteros
d’Alexandra Guité qui était à
Buenos Aires durant les moments névralgiques de
la crise argentine (déc. 2002 fév.2003).
Le film brosse un portrait de la crise, de la répression
brutale qui l’accompagne et de la créativité
politique et communautaire de deux mouvements piqueteros
: Barrios de Pie et Aníbal Verón. Deux représentantes
de ces organisations étaient sur place pour communiquer
l’essentiel de leur vécu.
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Alexandra Guité in Gaspé shooting The Island
La Presse, August 15, 2009
Le Devoir, August 28, 2009
The Art of Resistance:
Press Kit (pdf)
Piqueteros :
Two
articles published in L'Autre Journal:
March
2004
June
2003
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